De Montessori à Reggio…

Croire ou ne pas croire, telle n’est pas la question.

Croire ou ne pas croire, telle n’est pas la question.

Selon Maria Montessori, les jeunes enfants ne peuvent pas distinguer le réel de l’imaginaire avant environ l’âge de 6ans. Elle pensait même que l’attirance des enfants plus jeunes pour ce genre de littérature était une déviance (note, cela signifie qu’elle l’a observé…). Heureusement pour mon fils qui aime tout lire (réaliste ou fantastique), je pense qu’elle se trompe sur ce point . Voici mes réflexions sur le sujet.

Maria a travaillé avec des enfants pauvres nés en 1930 (son livre L’enfant a été publié en 1936), qui n’ont probablement jamais croisé un livre pour enfant où une télévision (et pour cause). Peut-être que leur difficulté à distinguer imaginaire et réel est simplement due au fait qu’ils n’y ont jamais été confrontés et qu’ils n’ont pas exercer leur aptitude à discriminer ? Un enfant déduit si quelquechose est vrai ou non en faisant des recoupements, des rapprochements avec les faits qu’ils sait réels et les histoires imaginaires qu’il a déjà rencontré et qu’il sait fantastiques. Du coup au lieu de les aider à faire le tri, on ferait tout l’inverse en suivant cette consigne ? Comment un bébé apprends il que le reflet dans le miroir n’est pas un autre enfant mais lui même ? En bougeant, en expérimentant… en un mot en s’y confrontant. Vos enfants même petits ont tous sûrement déjà vu une représentation d’animal habillé qui parle, entre les livres, la télé, les magasines, les pubs et les boites de gâteaux c’est assez improbable d’y échapper à moins de vivre volontairement reclus. Est-qu’ils pensent qu’ils existent *vraiment* ou pas ?

Petit quizz pour mon loulou de 3ans et bientôt 5mois :

  • les animaux habillés où qui parlent : non
  • les dragons : dans le temps oui, avant ma naissance (confusion avec les dinosaures !)
  • les sorcières, les fées : peut-être ?
  • les monstres : peut-être (selon ce qu’on met dans la définition de monstre, oui est une réponse possible)
  • les fantômes : non
  • les extra-terrestres : non (ce à quoi je lui ai répondu que moi par contre je pense que oui, mais trop loin pour qu’on les rencontre un jour)
  • la pat patrouille : oui dans les vidéos : ils bougent, mais pas en vrai non

Globalement c’est pas mal du tout ! Je vais le briffer un peu sur la différence dinosaure et dragon, le peut-être pour la magie me convient : après tout certaines cultures croient en l’existence de forces (les animistes japonais donnent un âme aux objets, aux éléments… c’est très poétique et incite au respect) et la moitié de la population de la planète croie en un Dieu doté de pouvoirs surnaturels.

Pour sa dernière réponse, un petit voyant rouge s’allume. Ils bougent. Ce serait donc ça, en parti, qui conditionne pour lui la réalité ou non ? Je me dit que donc il est effectivement important de ne pas le confronter à des images de fiction réalistes comme ont sait les faire maintenant. Un dessin animé (2d ou 3d) sera toujours un dessin et lèvera le doute. Mais un film

Je vois là une preuve qu’il est indispensable d’être aux côtés de l’enfant qui découvre ces mondes imaginaires, pour le guider et lui apprendre main dans la main à discerner le réel de l’imaginaire. En évitant le problème, on l’empêche d’apprendre. En l’accompagnant, on lui ouvre la porte sur un monde nouveau et ce sans peur, sans cauchemar. Jamais il ne regarde dans son placard ou sous son lit. Jamais il n’a eu peur d’être dans le noir. Par contre il demande si la porte est fermée à clef, à cause des voleurs et des loups. Le réel est bien plus effrayant qu’une Cornebidouille en papier glacé :)

Venons en ensuite au sujet des « mensonges » et des inventions. Pour moi (et pour la plupart des psys que j’ai lu)  il s’agit d’une phase de développement typique et normale. L’enfant arrive à manipuler des images mentales et découvre la puissance de son cerveau. Il va donc inventer des histoires. Selon les enfants l’histoire va être plus ou moins crédibles… Quand mon fils me raconte qu’il a dormi à la sieste avec un kangourou qui prenait toute la place dans son lit je me doute bien que c’est juste qu’il travaille sa capacité à imaginer. Ce qui est plutôt bien fait, il envisage les conséquences de la présence d’un animal aussi grand -> il n’aurait plus la place pour lui. Ce n’est pas une chose à réprimer et même au contraire, c’est nécessaire pour pouvoir envisager le futur, les différents scénarios possibles de conséquences d’une action, la logique, le raisonnement. Mais c’est à mon avis une erreur de penser qu’ils croient que c’est la réalité.

C’est aussi faux que de penser qu’un bébé de 18mois qui dit « je veux » dans un magasin fait un caprice et demande à ce qu’on achète l’objet. Il veux juste le regarder de plus près ! Le cerveau des enfants ne fonctionne pas pareil, il faut arrêter de penser que ce qu’ils disent correspond à ce qu’un adulte dit : ils ont juste encore besoin de verbaliser la pensée. Si je pense à une girafe verte et bleu, je ne crois pas qu’elle existe. Si je le verbalise « tiens, je vois une girafe verte et bleue » est-ce qu’on va décortiquer ce que je viens de dire pour se demander si j’ai croisé une histoire avec ça, si j’ai du mal à distinguer la réalité, si j’ai bien compris ? Non. On part du postulat que je suis plus intelligente que ça. Ce serait une bonne idée de faire pareil avec nos enfants…

Pour finir voici le scan d’un article que j’ai vu passer sur facebook.

Alors, pour ou contre la littérature jeunesse fantastique ? Petit Ours Brun a-t-il le droit de citer chez vous ?

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