Le jardinage comme remède à l’éco-anxiété

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Dès leur plus jeune âge, les enfants d’aujourd’hui sont conscients des problèmes de notre planète. Réchauffement climatique, pollution et espèces en danger sont au cœur des préoccupations de la nouvelle génération. Mais si la conscience écologique est une force pour l’avenir, le sentiment d’impuissance que peuvent ressentir les enfants – et souvent les adultes – face à l’ampleur de la crise génère souvent un stress immense.

Impact des médias

Face à l’urgence de la situation, les médias ont commencé à adopter ces dernières années un discours catastrophiste particulièrement anxiogène. Si les faits sont réels, présenter l’information de manière aussi brutale s’avère peu pertinente : pour fuir le stress engendré par l’incertitude de l’avenir, une partie de la population va se contenter de nier les faits et de se perdre encore un plus profondément dans notre société de surconsommation et de loisirs. Les plus réceptifs, eux, vont se retrouver paralysés par l’ampleur de la tâche à accomplir et par l’inertie des pouvoirs publics et des industriels.

Pour le bien être des enfants, il est important de veiller à ce que le discours qui leur soit adressé reste mesuré. Les titres accrocheurs mis en exergue pour secouer les consciences des adultes peuvent faire beaucoup de dégâts sur les esprits dotés d’une grande sensibilité.

Une mission sacrée

L’état anxieux apparait généralement chez les enfants âgés d’environ 7 à 8 ans, lorsqu’ils prennent conscience du caractère inéluctable de la mort et de la finitude des choses.

Greta Thunberg explique elle-même avoir traversé à l’âge de 11 ans une période de dépression après avoir pris conscience de l’impact dévastateur de l’activité humaine sur l’habitat et la survie des ours polaires.

Les enfants se sentent plus facilement que les adultes investis d’une mission de protection envers les plus faibles qu’eux. La cause animale engendre chez eux une immense empathie. Cette responsabilité, si elle n’est pas partagée par les adultes qui les entourent, peut devenir lourde à porter.

Renouer le contact avec la nature

Pour beaucoup de citadins, la nature est un concept assez éloigné. Nos actions quotidiennes ne semblent pas avoir énormément d’impact sur un environnement composé majoritairement de béton. C’est ce glissement, cet éloignement progressif sur plusieurs générations qui a donné un coup d’accélérateur à la société industrielle. Posséder est devenu un besoin, avoir a supplanté être.

Renouer le lien ancestral de l’homme avec la nature est une urgence absolue. Combien d’enfants, élevés « hors sol », ont peur de marcher pieds nus dans l’herbe ? Combien d’adultes, prisonniers de la modernité, sont incapables de nommer l’insecte qui s’aventure dans une craquelure du béton ? L’immersion dans la nature est un formidable remède à l’éco-anxiété. A son contact, les enfants vont pouvoir se rassurer et observer par eux même que la vie n’attends qu’une chose : qu’on lui laisse à nouveau une chance de s’exprimer.

Garder espoir

Souvent focalisé sur ce qui ne va pas, le discours écologiste habituel oublie régulièrement de mentionner les avancées positives. Or l’encouragement est, les neurosciences l’ont démontré, beaucoup plus à même de faire changer durablement les comportements que la répression. Si beaucoup d’adultes sont encore prompts à jeter un déchet par terre, la grande majorité des enfants a été sensibilisée à la pollution de la nature par le plastique. Le positif est déjà en marche, à nous de soutenir les enfants pour qu’ils gardent cette vision respectueuse de notre belle planète.

Et maintenant… action !

Le meilleur moyen de lutter contre les angoisses, quel que soit le domaine, reste sans conteste d’agir. S’il est complexe pour un enfant de faire bouger les choses de manière planétaire, montrer l’exemple à sa propre mesure est déjà un moyen de passer à l’action. Lutter contre le réchauffement climatique est déjà possible à notre échelle, sous plusieurs formes.

Premièrement, il va s’agir de limiter les dépenses d’énergies et les rejets de CO² dans l’atmosphère. Concrètement, il peut s’agir de décider de faire le plus possible de trajets à pied ou en vélo, de limiter sa consommation d’écrans énergivores, d’acheter et de revendre livres, jouets et vêtements d’occasion. Mais si toutes ses actions ont un impact fort sur le long terme, pour un enfant la relation directe avec la nature est parfois difficile à saisir…

Si vous possédez un jardin, un bon moyen de mesurer l’impact d’une nature préservée sur le climat est de prendre la décision de revoir complètement la notion de jardin. Une pelouse tondue fait monter la température du sol à 24,5°, là où une herbe haute préservera une fraîcheur de 19,5°C. Une zone de terre à nue ou de béton, elle, montera facilement à plus de 40°C !

Régler sa tondeuse le plus haut possible et réserver des bordures sauvages de « fauchage tardif » est un moyen simple d’avoir un impact positif sur la biodiversité et sur la température. En quelques semaines la différence est flagrante, le jardin regorge d’insectes de toute sorte, la vie bourdonne et papillonne. Ces zones sauvage, lieux d’observation privilégiés, renforceront l’espoir qu’un changement est possible. Jardiner – ou simplement rester en retrait – est indéniablement apaisant.

Un point d’eau changé régulièrement permettra aux oiseaux et aux insectes de venir s’abreuver pendant les fortes chaleurs. Rien de bien complexe à mettre en œuvre là encore, il suffit de disposer quelques gros cailloux au fond d’une coupelle.

Pourquoi ne pas pousser la réflexion plus loin et devenir un refuge LPO ?

Si vous n’avez pas de jardin, ne soyez pas en reste : investissez balcons et rebords de fenêtres. L’effet fraîcheur des plantes est immédiat et les insectes volants viendront avec plaisir vous rendre une petite visite.

Depuis le début de la pandémie, les villes ont commencé à changer, ou en tout cas, ma ville. Les espaces verts sont moins millimétrés, les mauvaises herbes et les mousses poussent le long des routes. La vie explose partout ! La nature n’attendait qu’une chose, l’autorisation de reprendre ses droits. Aidons là.

Pour conclure, je terminerais sur cette jolie phrase pleine d’optimisme :

«On n’est jamais trop petit pour faire une différence.»

Greta Thunberg